La vaccination contre la tuberculose est assez complexe au niveau de son action.
Il y a d'abord les personnes qui ont eu la tuberculose ou la primo-infection (la maladie n'a pas encore eu le temps de se développer mais on découvre des anticorps contre le bacille de Koch). En général, une fois guéries, ces personnes sont immunisées à vie.
Pour déterminer si une personne est immunisée ou non, on pratique un test appelé intradermo (avec une seringue ou une bague). Si le résultat est positif (apparition de vésicules qui grattent et de croûtes), la personne a des anticorps (soit parce qu'elles ont eu la maladie, soit parce qu'elles ont été vaccinées). Dans ce cas on ne vaccine pas.
Si le résultat est négatif (pas de vésicule), la personne n'a pas d'anticorps et on vaccine par le BCG (on fait une scarification - sorte de petite grille avec une "plume" qui est un genre de scalpel - et on applique le vaccin). Avant on refaisait une intra dermo de contrôle et là il y avait 2 solutions :
- l'intradermo est positif, les anticorps sont présents.
- l'intradermo est négatif. On revaccinait et on recontrôlait. On pouvait le faire jusqu'à trois fois. Mais il arrivait que l'intradermo reste négatif malgré trois vaccinations. Dans ce cas là , on ne faisait plus rien... Il y a des gens qui restent négatifs toute leur vie, même en ayant été confrontés au bacille par le vaccin.
Et après ça n'était pas plus simple. Les gens vaccinés et contrôlés positifs à l'intradermo le restaient, ou redevenaient négatifs au bout de qq temps. Alors on revaccinait.
Dans les écoles il y avait des campagnes d'intradermos pour effectuer un dépistage (ah mes souvenirs d'enfance, tous en sous vêtements dans le préau avec des cris et des larmes...

).
Depuis 2004 la politique vaccinale du BCG a changé. Les intradermos de contrôle n'ont plus â être pratiquées systématiquement si la preuve de la vaccination par le BCG est apportée. On n'utilise l'intradermo de contrôle qu'avant la primo vaccination, ou comme diagnostic de la tuberculose, ou dans une enquête autour d'un cas de tuberculose, ou comme test pour les professions à risque.
Et ça pourrait encore changer :
D'après un rapport de l'Institut de Veille Sanitaire (InVS) sur la situation épidémiologique de la tuberculose en France, il semblerait possible "d'envisager la remise en question de la vaccination généralisée chez l'enfant". En effet, les données épidémiologiques disponibles permettent de conclure que la situation actuelle de la tuberculose est proche des critères proposés au niveau international pour envisager la suppression de la vaccination systématique. Pour l'Invs, "la restriction de la vaccination à des groupes à risque semble constituer un compromis satisfaisant. Mais, dans tous les cas, des analyses supplémentaires seraient utiles au processus décisionnel". En attendant cette décision, vos enfants ne pourront y échapper !
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